Intervention Sociale

Programme des Conférences Impromptues

En cette nouvelle saison, nous n’oublierons pas notre dette à l’égard de Nordine Touil, sociologue désormais retraité de l’ENSEIS, fondateur et animateur insatiable des « Rencontres Impromptues ».

Ce qui caractérise fondamentalement cet espace, c’est la possibilité de faire s’y rencontrer et dialoguer le monde du travail social et le monde de la recherche. Ce qui n’allait pas de soi, il y a quelques années et qui tend à devenir un peu plus naturel, un peu plus évident. On notera ici et là dans cette programmation 2023-2024 de « nouvelles » thématiques : le genre, l’écologie, la condition animale. Effets de mode ou sujets mineurs, diront certains. Et s’il fallait plutôt les prendre au sérieux ? Gageons que les rencontres impromptues suscitent de l’étonnement, du débat et, qui sait peut-être, des envies de changement.

Pour l’équipe des
Rencontres Impromptues
David GRAND

Programme par dates

Octobre

  • Conférence REPORTÉE à une date ultérieure
    23 Octobre
    14h-16h
     (La Ravoire) :
    L’invitée : Manon PESLE
    Transformation et héritages de l’éducation populaire : Le cas de Saint-Étienne

    La recherche porte sur les transformations actuelles du monde associatif, à partir du regard et des paroles des bénévoles et des salariés engagés au quotidien. L’enquête éclaire les fonctionnements démocratiques, l’évolution du travail et les formes d’engagement au quotidien dans les associations d’éducation populaire, depuis les années 1990. Elle interroge les évolutions récentes de l’environnement économique, institutionnel et socio-culturel (transformation des financements associatifs, relations avec les pouvoirs publics, transformation de l’engagement, etc.) : conduisent-elles à des formes d’engagement et de gouvernance nouveaux au sein des associations d’éducation populaire ? Comment les acteurs de l’éducation populaire perçoivent-ils, vivent-ils ces évolutions ? Il s’agira d’éclairer la place grandissante de la gestion dans les associations, les liens aux pouvoirs publics mais aussi l’engagement et le militantisme.

Novembre

  • 16 Novembre 18h-20h (Firminy) :
    L’invité : Francis VERNEDE
    Le travail social impossible : Pour une ethnographie de la relation d’aide
    Il est des situations où l’intervention sociale semble impossible.
    La conférence mettra l’accent sur l’intraitabilité, caractéristique liée aux spécificités du public mais également à la temporalité de l’intervention, pleinement inscrite dans l’ici et maintenant. Les exemples exposés – fruit d’une enquête ethnographique dans un CHRS – ne participent pas d’une politique de réduction des risques à l’usage des substances mais d’une contenance des risques. Ils renvoient également au travail conduit dans le cadre de l’accompagnement des personnes en situation de handicap lourd, des personnes en fin de vie ou bien des adolescents dits difficiles. En somme, il s’agit d’une invitation à penser les interventions empêchées, une problématique transversale et permanente, constitutive des métiers du social.
  • 23 Novembre 17h30 – 19h30 (Annecy)
    L’invité : Jean-Pierre ROSENCZVEIG
    L’enfant acteur de sa protection dans son intérêt

    La question de la participation de l’enfant dans la mise en œuvre de sa mesure de protection ou de réparation est multiforme et est aujourd’hui au cœur de nos préoccupations en tant que travailleurs sociaux : comment protéger l’enfant en lui garantissant une place centrale, un pouvoir d’action et une marge de choix tout au long de son parcours en protection de l’enfance ?
    Sur ce chemin complexe de la participation, il s’agira donc de permettre à l’enfant de « prendre part » et de prendre place en tant que sujet et ainsi s’extraire d’une mesure subie, qui se résumerait à être l’objet sur lequel s’exerce une pression, un pouvoir, une décision.
    Le 20 Novembre 2023 sera la date anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant. Les articles 12 à 15 de la Convention nomment le «Droit de participation de l’enfant : individuel et collectif».
    Après une journée d’étude riche en partage, Jean-Pierre Rosenczveig, juge des enfants émérite, animera la conférence Impromptues en reprenant les propos et avancées de la journée pour ensuite nous partager son point de vue sur la participation des enfants aux décisions que les adultes prennent pour eux, en tenant compte de leurs attachements dans un parcours de vie.

Décembre

  • 14 Décembre 18h-20h (Firminy)
    L’invitée : Joëlle ZASK
    La démocratie et l’écologie seraient-elles incompatibles ?
    On le prétend souvent. Je m’attacherai pourtant à affirmer qu’au contraire, elles sont inséparables. La démocratie, qu’il s’agisse de ses formes culturelles ou institutionnelles, est destinée à répartir les ressources d’individuation, de développement de soi, de croissance individuelle, dans une société donnée. Elle est aux relations interhumaines ce qu’un écosystème, c’est-à-dire un milieu constitué d’interactions telles que chaque être puisse accomplir son cycle de vie, est à la nature.

Janvier

  • 11 Janvier 17h30 – 19h30 (Annecy)
    L’invitée : Nathalie LANCELIN-HUIN
    La grossesse, une expérience méconnue aux enjeux majeurs pour l’enfant, ses parents et les professionnels qui les accompagnent
    Nathalie Lancelin-Huin, psychologue en périnatalité et spécialiste de la vie intérieure, nous convie à un voyage aux confins de nos origines.
    Lors de cette conférence, elle mettra en perspective la grossesse psycho-émotionnelle de la femme enceinte (une expérience méconnue et pourtant fondamentale) avec la gestation utérine d’un bébé (une expérience tout aussi méconnue et qui dépasse de loin la question de ses futures compétences humaines).
    Elle nous donnera à voir le miroir de ces deux expériences mutualisées : l’hypersensibilité d’une mère en devenir, avec l’hyperperceptivité de l’enfant qui lui sera confié au terme de 9 mois. Nous verrons alors qu’il convient d’élargir notre conscience sociétale et professionnelle sur cette période périnatale aux enjeux majeurs.
    Ce sera ainsi l’occasion de nous émerveiller d’une telle précision biologique, d’acquérir un état d’esprit favorisant un autre accueil des nouveau-nés, de penser plus largement l’accompagnement des futurs parents, et finalement de porter un regard nouveau sur l’existence humaine dès ses débuts.
  • 24 Janvier (La Ravoire) – Reporté à une date ultérieure
    L’invité : David GRAND
    Le non-recours aux services sociaux dans le cadre des expulsions locatives
    Comment expliquer que des habitants en situation d’expulsion locative pour impayés de loyer ne recourent pas aux services sociaux alors qu’ils ont été interpellés par ces derniers ?
    Sur le terrain enquêté, ils sont précisément 50% à être dans ce cas de figure. De fait, on peut s’interroger : Le non-recours est-il lié à une incompréhension des habitants ? Une réserve vis-à-vis des services sociaux ? Ou encore une crainte d’un certain « contrôle social » ? Sur la base d’une enquête auprès des principaux intéressés, nous proposons de donner à voir et d’analyser les formes du non-recours, ceci pour questionner les publics, les pratiques des intervenants sociaux mais aussi leur institution.

  • 25 Janvier 18h – 20h (Firminy)
    L’invité : Jérôme MICHALON
    Sociologie de la cause animale*
    Tauromachie, chasse, élevages intensifs contre antispécisme et végétarisme : la cause animale a investi le débat public sous des formes multiples. Politiques, journalistes, éditorialistes, intellectuels et artistes ont désormais tous un avis sur la question.
    Mais que sait-on de celles et ceux qui militent pour cette cause ? Pourquoi et comment porter la parole des animaux ? Quelle est l’histoire du mouvement ? Comment influence-t-il déjà différentes sphères de nos sociétés ?
    Cette communication visera à présenter une synthèse des rares travaux produits par les sciences sociales qui permettent d’apporter des éclairages pertinents sur ces questions.
    * Cette conférence se déroulera également à Bourg-en-Bresse, le 19 Février 2024 et à La Ravoire, en mars 2024
  • 25 Janvier 18h – 20h (Bourg-en-Bresse)
    L’invitée : Christine DÉTREZ
    A mauvaise mère, mauvaise fille, ou comment enquêter sur un silence familial en sociologue
    Au fil de ses recherches en sociologie du genre, Christine Détrez s’est penchée sur une absence : non pas seulement celle des femmes de l’Histoire, mais aussi celle d’une femme, sa mère, de l’histoire familiale.
    Comment, avec les outils de la sociologie, enquêter, retrouver une vie minuscule, une vie ordinaire ? Comment expliquer, comprendre, les silences ? Comment, à partir d’une trajectoire, parler d’une génération, celle des femmes nées dans les années 40, qui, chacune à leur façon, ont pu contribuer à l’émancipation ? La sociologie peut-elle rendre compte des émotions engagées dans une telle (en)quête ?

Février

  • 13 Février 18h – 20h (Lyon)
    L’invitée : Véronique BAYER
    Le travail social : toujours une affaire de femmes ? Focus sur l’encadrement
    Le travail social a toujours constitué un secteur d’emploi attractif pour les femmes, y compris, dès sa construction, dans des postes de direction. Pourtant tout au long du XXe siècle, elles se sont vues progressivement écartées des postes à responsabilités. Si aujourd’hui on constate une féminisation des fonctions d’encadrement, ce processus garantit-il pour autant l’égalité entre les femmes et les hommes dans ce monde professionnel ? Ces observations et ce questionnement sont à l’origine d’une enquête réalisée par Véronique Bayer. La sociologue retrace d’abord les processus d’entrée, d’exercice et de mobilité des femmes et hommes cadres et souligne l’actualité de la division sexuée au sein du travail social. Puis, au travers des récits des professionnels, elle mesure combien certains modes d’encadrement sont traversés par des normes de genre (gestion, care), pendant que d’autres (néomanagement, caring management) prétendent, eux, les dépasser. Avec l’intention de renouveler la critique du travail social dans une perspective féministe, cette étude interroge les fondations puis l’évolution du travail social en France au cours des dernières décennies.
  • 19 Février 18h – 20h (Bourg-en-Bresse)
    L’invité : Jérôme MICHALON
    Sociologie de la cause animale
    Tauromachie, chasse, élevages intensifs contre antispécisme et végétarisme : la cause animale a investi le débat public sous des formes multiples. Politiques, journalistes, éditorialistes, intellectuels et artistes ont désormais tous un avis sur la question.
    Mais que sait-on de celles et ceux qui militent pour cette cause ? Pourquoi et comment porter la parole des animaux ? Quelle est l’histoire du mouvement ? Comment influence-t-il déjà différentes sphères de nos sociétés ?
    Cette communication visera à présenter une synthèse des rares travaux produits par les sciences sociales qui permettent d’apporter des éclairages pertinents sur ces questions.
    * Cette conférence se déroulera également à Firminy le 18 janvier 2024 et à La Ravoire, en mars 2024
  • 22 février 18h – 20h (Firminy)
    L’invité : Jean-François LAÉ
    Entraide et solidarité en Seine Saint-Denis en temps de pandémie
    Qui a pu oublier ce 15 mars 2020 où tout fut soudain suspendu ? Jean-François Laé choisit de recomposer le puzzle de la catastrophe sociale à partir de différents sites et sources. L’aide associative prend le relais de l’action publique et devient la dépanneuse sur zone qui repère les vulnérabilités. Des cagnottes s’inventent, des ateliers de couture fabriquent des masques. De l’éducateur à la bibliothécaire, du livreur au magasinier, de l’épicier du coin au stagiaire d’un service civique, on donne du temps, du bras. Mais où était donc l’État Social actif à la française ?

Mars

  • 7 mars 17h – 19h (La Ravoire)
    L’invité : Jérôme MICHALON
    Sociologie de la cause animale*
    Tauromachie, chasse, élevages intensifs contre antispécisme et végétarisme : la cause animale a investi le débat public sous des formes multiples. Politiques, journalistes, éditorialistes, intellectuels et artistes ont désormais tous un avis sur la question.
    Mais que sait-on de celles et ceux qui militent pour cette cause ? Pourquoi et comment porter la parole des animaux ? Quelle est l’histoire du mouvement ? Comment influence-t-il déjà différentes sphères de nos sociétés ?
    Cette communication visera à présenter une synthèse des rares travaux produits par les sciences sociales qui permettent d’apporter des éclairages pertinents sur ces questions.
    * Cette conférence se déroulera également à Bourg-en-Bresse, le 19 Février 2024 et à Firminy le 18 janvier 2024
  • 14 mars 18h – 20h (Firminy)
    L’invité : Francis CHATEAURAYNAUD
    De la multiplication des alertes à l’enchevêtrement des processus critiques – Le pragmatisme sociologique face à la criticité des sociétés contemporaines
    En tirant les leçons des alertes et des controverses autour du climat, du nucléaire, des biotechnologies, des perturbateurs endocriniens, des pandémies et de bien d’autres dossiers, la conférence mettra en perspective les crises multiples traversées par les sociétés contemporaines.
    Comment rendre intelligibles les conséquences des épreuves et des conflits contemporaines sur la production de normes collectives, sur les logiques de décision et les stratégies développées par les acteurs les plus divers ? En permettant de circuler sur une pluralité d’échelles, la démarche inspirée par le pragmatisme sociologique, aide à saisir au plus près les sources de conflictualité, de défiance ou de pessimisme, qui nourrissent la sombritude de l’époque.
    Le pessimisme radical peut-il gagner aussi le cœur de la sociologie ?
    Et comment le surmonter ?
  • 28 Mars 17h30 – 19h30 (Annecy)
    L’invitée : Nadège GUIDOU
    Travail social et risques psychosociaux : quelles voies d’actions dans un environnement de multiples contraintes
    La prévalence des risques psychosociaux dans le secteur médico-social n’est plus à démontrer. La complexité du travail, les faibles marges de manœuvre y compris de l’encadrement, les injonctions des donneurs d’ordre, le nombre et les besoins des demandeurs ou encore le manque de personnels formés, posent le constat d’une quasi-impossibilité d’adapter l’organisation du travail aux besoins des professionnels et aux exigences de l’activité.
    Sans ressources organisationnelles et collectives, le seul possible est bien souvent de puiser dans ses ressources personnelles.
    Comment, alors, ne pas s’épuiser ? Et comment protéger la santé des équipes ? Nous partagerons les enseignements d’interventions en situation de travail et d’accompagnements individuels qui permettent de dessiner les contours d’issues créatives.
  • Le 28 Mars 18h – 20h (Bourg-en-Bresse)
    L’invité : Clément RIVIÈRE
    Mieux comprendre les peurs féminines : la socialisation sexuée des enfants aux espaces publics urbains
    La présence d’enfants non accompagnés dans nos rues est devenue suffisamment rare pour susciter la curiosité, l’interrogation, voire la réprobation. En effet, dans les sociétés occidentales contemporaines, l’enfant a progressivement désinvesti l’espace urbain extérieur pour devenir un «enfant d’intérieur». Si l’accès plus difficile des femmes aux espaces publics urbains a été mis en lumière de longue date par la recherche en sciences sociales, la connaissance des processus socialisateurs qui sous-tendent cette différenciation sexuée demeure lacunaire. La façon dont les parents encadrent de manière différenciée les usages que les enfants font de ces espaces selon le sexe biologique de ces derniers.

Avril

  • 8 avril 17h30 – 19h30 (La Ravoire)
    L’invitée : Jennifer FOURNIER
    Expériences du handicap et de la sexualité : entendre, comprendre pour penser et agir
    La liberté de vivre une sexualité est aujourd’hui une  préoccupation centrale tant pour les personnes en situation de handicap  que pour les accompagnants familiaux ou professionnels qui cheminent à  leur côté. Qu’en est-il lorsque la dépendance  et la vie en établissement s’en mêlent? Prenant largement appui sur la  parole de personnes concernées et la faisant résonner avec les discours  de professionnels de terrain et de responsables d’établissement,  la présentation se propose de faire écho aux expériences,  préoccupations et contraintes de celles et ceux qui vivent des  situations de handicap.
  • 11 avril 18h – 20h (Bourg-en-Bresse)
    L’invitée : Julia CHRYSSOMALIS
    La singularisation des personnes âgées dépendantes aux prises avec l’organisation du travail en maison de retraite médicalisée
    Depuis plusieurs décennies, les droits et libertés des usagers des secteurs sanitaires et sociaux sont au cœur des préoccupations du législateur. Dans le cas des maisons de retraite médicalisées, ceux-ci s’articulent de manière singulière à l’enjeu de prise en compte du caractère unique et individuel des résidents. Ainsi la prise en charge, formulée comme un «accompagnement», doit-elle s’appuyer sur une «équipe pluridisciplinaire» qui permettrait l’adaptation des soins et des séjours à la «globalité» de la personne. Cette singularisation des usagers produit aussi une organisation du travail censée prioriser les désirs et les goûts des personnes hébergées. Mais l’enjeu de procurer un «bien-être» toujours personnalisé induit des paradoxes dans l’organisation du travail et dans l’évaluation de la «globalité» de la personne : des injonctions organisationnelles contradictoires (assouplir les temps de soin pourtant prescrits dans des cadences resserrées, par exemple) mais aussi des conceptions normatives du «bien vieillir» qui peuvent s’opposer aux souhaits des personnes comme entrer en tension avec les enjeux professionnels de la prise en charge de la dépendance.

Mai

  • 15 Mai 18h – 20h (Lyon)
    L’invité : Gaëtan FLOCCO
    Des dominants très dominés. Pourquoi les cadres acceptent leur servitude
    Pendant longtemps, les cadres ont incarné l’emblème de la société salariale française. Synonymes de réussite sociale, ils ont largement bénéficié de la prospérité d’après-guerre. Mais depuis les années 1990, le capitalisme néo-libéral a mis fin à cet état de grâce : pressions managériales, intensification du travail, restructurations, etc. Dans ce contexte défavorable, ils consentent malgré tout à leur propre domination, en dépit des sursauts critiques de certains d’entre eux. Sur quoi repose cette acceptation de leur servitude ? Certes, la contrainte salariale, celle de l’indispensable rémunération, et la hantise du chômage dissuadent de toute révolte. Néanmoins, ces motifs sont loin de suffire. Les cadres puisent dans leur travail nombre de satisfactions, irréductibles à l’appât du gain et à la peur du déclassement. En estimant d’abord travailler pour eux-mêmes, ces profits symboliques les rendent aveugles à leur asservissement. Plus encore, ils adhèrent à l’idéologie managériale jusqu’à idéaliser et enchanter cet univers du travail qui pourtant les domine.
  • 16 Mai 17h30 – 19h30 (Annecy)
    L’invité : Dominique GRANDGEORGE
    Intégrer les enjeux climatiques et écologiques dans le travail social et sa formation : Vers le « travailleur social terrestre »
    C’est un euphémisme de dire que les problématiques sociales et écologiques ont bien du mal à s’articuler ensemble. Quels blocages et raisons freinent les établissements sociaux à s’adapter aux enjeux climatiques et écologiques ? Quels outils pourraient y être mis en place au quotidien ? Comment envisager l’intervention sociale de manière systémique et intégrale en faveur d’une stratégie institutionnelle bas carbone et d’une maitrise de l’empreinte écologique ?
    Si une adaptation des comportements au prisme de l’écologie est l’affaire de tous et toutes, chacun a besoin d’être inspiré par des bonnes pratiques, tant au niveau personnel qu’institutionnel. Comment ces changements de modèle – de l’alimentation à la gestion des déchets, de la consommation d’énergie au respect de la biodiversité – sont-ils possibles dans les institutions sociales en particulier et à l’échelle du secteur social et médico-social en général.
    Lors de cette conférence, Dominique GRANDGEORGE, auteur de L’écologisation du travail social. Les établissements sociaux à l’épreuve du changement climatique et de l’effondrement de la biodiversité (2022, Editions IES), présentera de nombreuses pistes d’actions individuelles et les leviers d’interventions collectifs qu’il a lui-même constaté et restitué avec force détails dans son livre.

Juin

  • 13 Juin 17h30 – 19h30 (Annecy)
    L’invité : Anne-Corentine GIRON
    La relation d’aide et d’accompagnement : oser le défi de l’authenticité, quand la fragilité de l’être humain devient richesse
    Assumer notre fragilité est le défi de tout un chacun, notamment en dépassant les tendances à la dépréciation et au négativisme, mais également en refusant la course à la performance et l’enfermement dans les rapports de force.
    Nous avons tendance à rejeter en dehors de nous ce qui nous gêne : il est plus confortable de croire que l’autre est fragile, et non pas soi. La fragilité est alors très vite le problème d’autrui, bien rarement le sien. Dans la relation d’accompagnement, il ne s’agit pas d’être infaillible mais d’être vrai : ce n’est pas grave d’avoir des limites, ce qui est grave c’est de ne pas les reconnaître. En cela, l’accompagnement est une école implacable de l’être qui implique que l’on accepte d’être constamment mis face à soi-même.
    Pour que le professionnel ne se positionne pas dans une place de toute-puissance, ne doit-il pas adopter une posture de non-savoir ? Laisser en suspens ce qu’il sait et pense savoir ; se déshabituer de l’idée de comprendre trop vite l’autre, de savoir à sa place ce qu’il conviendrait de choisir, et surtout : risquer l’authenticité, même si elle révèle sa fragilité !

 

Programme par Sites

Annecy

  • L’enfant acteur de sa protection dans son intérêt
    23 Novembre
    17h30 – 19h30
    L’invité : Jean-Pierre ROSENCZVEIG
    La question de la participation de l’enfant dans la mise en œuvre de sa mesure de protection ou de réparation est multiforme et est aujourd’hui au cœur de nos préoccupations en tant que travailleurs sociaux : comment protéger l’enfant en lui garantissant une place centrale, un pouvoir d’action et une marge de choix tout au long de son parcours en protection de l’enfance ?
    Sur ce chemin complexe de la participation, il s’agira donc de permettre à l’enfant de « prendre part » et de prendre place en tant que sujet et ainsi s’extraire d’une mesure subie, qui se résumerait à être l’objet sur lequel s’exerce une pression, un pouvoir, une décision.
    Le 20 Novembre 2023 sera la date anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant. Les articles 12 à 15 de la Convention nomment le «Droit de participation de l’enfant : individuel et collectif».Après une journée d’étude riche en partage, Jean-Pierre Rosenczveig, juge des enfants émérite, animera la conférence Impromptues en reprenant les propos et avancées de la journée pour ensuite nous partager son point de vue sur la participation des enfants aux décisions que les adultes prennent pour eux, en tenant compte de leurs attachements dans un parcours de vie.
  • La grossesse, une expérience méconnue aux enjeux majeurs pour l’enfant, ses parents et les professionnels qui les accompagnent
    11 Janvier 
    17h30 – 20h30
    L’invitée : Nathalie LANCELIN-HUIN
    Nathalie Lancelin-Huin, psychologue en périnatalité et spécialiste de la vie intérieure, nous convie à un voyage aux confins de nos origines.
    Lors de cette conférence, elle mettra en perspective la grossesse psycho-émotionnelle de la femme enceinte (une expérience méconnue et pourtant fondamentale) avec la gestation utérine d’un bébé (une expérience tout aussi méconnue et qui dépasse de loin la question de ses futures compétences humaines).
    Elle nous donnera à voir le miroir de ces deux expériences mutualisées : l’hypersensibilité d’une mère en devenir, avec l’hyperperceptivité de l’enfant qui lui sera confié au terme de 9 mois. Nous verrons alors qu’il convient d’élargir notre conscience sociétale et professionnelle sur cette période périnatale aux enjeux majeurs.
    Ce sera ainsi l’occasion de nous émerveiller d’une telle précision biologique, d’acquérir un état d’esprit favorisant un autre accueil des nouveau-nés, de penser plus largement l’accompagnement des futurs parents, et finalement de porter un regard nouveau sur l’existence humaine dès ses débuts.
  • Travail social et risques psychosociaux : quelles voies d’actions dans un environnement de multiples contraintes
    28 Mars 
    17h30 – 19h30
    L’invitée : Nadège GUIDOU
    La prévalence des risques psychosociaux dans le secteur médico-social n’est plus à démontrer. La complexité du travail, les faibles marges de manœuvre y compris de l’encadrement, les injonctions des donneurs d’ordre, le nombre et les besoins des demandeurs ou encore le manque de personnels formés, posent le constat d’une quasi-impossibilité d’adapter l’organisation du travail aux besoins des professionnels et aux exigences de l’activité.
    Sans ressources organisationnelles et collectives, le seul possible est bien souvent de puiser dans ses ressources personnelles.
    Comment, alors, ne pas s’épuiser ? Et comment protéger la santé des équipes ? Nous partagerons les enseignements d’interventions en situation de travail et d’accompagnements individuels qui permettent de dessiner les contours d’issues créatives.
  • Intégrer les enjeux climatiques et écologiques dans le travail social et sa formation : Vers le « travailleur social terrestre »
    16 Mai
    17h30 – 19h30
    L’invité : Dominique GRANDGEORGE
    C’est un euphémisme de dire que les problématiques sociales et écologiques ont bien du mal à s’articuler ensemble. Quels blocages et raisons freinent les établissements sociaux à s’adapter aux enjeux climatiques et écologiques ? Quels outils pourraient y être mis en place au quotidien ? Comment envisager l’intervention sociale de manière systémique et intégrale en faveur d’une stratégie institutionnelle bas carbone et d’une maitrise de l’empreinte écologique ?
    Si une adaptation des comportements au prisme de l’écologie est l’affaire de tous et toutes, chacun a besoin d’être inspiré par des bonnes pratiques, tant au niveau personnel qu’institutionnel. Comment ces changements de modèle – de l’alimentation à la gestion des déchets, de la consommation d’énergie au respect de la biodiversité – sont-ils possibles dans les institutions sociales en particulier et à l’échelle du secteur social et médico-social en général.
    Lors de cette conférence, Dominique GRANDGEORGE, auteur de L’écologisation du travail social. Les établissements sociaux à l’épreuve du changement climatique et de l’effondrement de la biodiversité (2022, Editions IES), présentera de nombreuses pistes d’actions individuelles et les leviers d’interventions collectifs qu’il a lui-même constaté et restitué avec force détails dans son livre.
  • La relation d’aide et d’accompagnement : oser le défi de l’authenticité, quand la fragilité de l’être humain devient richesse
    13 Juin 
    17h30 – 20h30
    L’invité : Anne-Corentine GIRON
    Assumer notre fragilité est le défi de tout un chacun, notamment en dépassant les tendances à la dépréciation et au négativisme, mais également en refusant la course à la performance et l’enfermement dans les rapports de force.
    Nous avons tendance à rejeter en dehors de nous ce qui nous gêne : il est plus confortable de croire que l’autre est fragile, et non pas soi. La fragilité est alors très vite le problème d’autrui, bien rarement le sien. Dans la relation d’accompagnement, il ne s’agit pas d’être infaillible mais d’être vrai : ce n’est pas grave d’avoir des limites, ce qui est grave c’est de ne pas les reconnaître. En cela, l’accompagnement est une école implacable de l’être qui implique que l’on accepte d’être constamment mis face à soi-même.
    Pour que le professionnel ne se positionne pas dans une place de toute-puissance, ne doit-il pas adopter une posture de non-savoir ? Laisser en suspens ce qu’il sait et pense savoir ; se déshabituer de l’idée de comprendre trop vite l’autre, de savoir à sa place ce qu’il conviendrait de choisir, et surtout : risquer l’authenticité, même si elle révèle sa fragilité !

Bourg-en-Bresse

  • A mauvaise mère, mauvaise fille, ou comment enquêter sur un silence familial en sociologue
    L’invitée : Christine DÉTREZ
    25 Janvier 18h – 20h
    Au fil de ses recherches en sociologie du genre, Christine Détrez s’est penchée sur une absence : non pas seulement celle des femmes de l’Histoire, mais aussi celle d’une femme, sa mère, de l’histoire familiale.
    Comment, avec les outils de la sociologie, enquêter, retrouver une vie minuscule, une vie ordinaire ? Comment expliquer, comprendre, les silences ? Comment, à partir d’une trajectoire, parler d’une génération, celle des femmes nées dans les années 40, qui, chacune à leur façon, ont pu contribuer à l’émancipation ? La sociologie peut-elle rendre compte des émotions engagées dans une telle (en)quête ?
  • Sociologie de la cause animale
    L’invité : Jérôme MICHALON
    19 Février
    18h – 20h
    Tauromachie, chasse, élevages intensifs contre antispécisme et végétarisme : la cause animale a investi le débat public sous des formes multiples. Politiques, journalistes, éditorialistes, intellectuels et artistes ont désormais tous un avis sur la question.
    Mais que sait-on de celles et ceux qui militent pour cette cause ? Pourquoi et comment porter la parole des animaux ? Quelle est l’histoire du mouvement ? Comment influence-t-il déjà différentes sphères de nos sociétés ?
    Cette communication visera à présenter une synthèse des rares travaux produits par les sciences sociales qui permettent d’apporter des éclairages pertinents sur ces questions.
    * Cette conférence se déroulera également à Firminy le 18 janvier 2024 et à La Ravoire, en mars 2024
  • Mieux comprendre les peurs féminines : la socialisation sexuée des enfants aux espaces publics urbains
    L’invité : Clément RIVIÈRE
    Le 28 Mars
    18h – 20h
    La présence d’enfants non accompagnés dans nos rues est devenue suffisamment rare pour susciter la curiosité, l’interrogation, voire la réprobation. En effet, dans les sociétés occidentales contemporaines, l’enfant a progressivement désinvesti l’espace urbain extérieur pour devenir un «enfant d’intérieur». Si l’accès plus difficile des femmes aux espaces publics urbains a été mis en lumière de longue date par la recherche en sciences sociales, la connaissance des processus socialisateurs qui sous-tendent cette différenciation sexuée demeure lacunaire. La façon dont les parents encadrent de manière différenciée les usages que les enfants font de ces espaces selon le sexe biologique de ces derniers.
  • La singularisation des personnes âgées dépendantes aux prises avec l’organisation du travail en maison de retraite médicalisée
    L’invitée : Julia CHRYSSOMALIS
    11 avril
    18h – 20h
    Depuis plusieurs décennies, les droits et libertés des usagers des secteurs sanitaires et sociaux sont au cœur des préoccupations du législateur. Dans le cas des maisons de retraite médicalisées, ceux-ci s’articulent de manière singulière à l’enjeu de prise en compte du caractère unique et individuel des résidents. Ainsi la prise en charge, formulée comme un «accompagnement», doit-elle s’appuyer sur une «équipe pluridisciplinaire» qui permettrait l’adaptation des soins et des séjours à la «globalité» de la personne. Cette singularisation des usagers produit aussi une organisation du travail censée prioriser les désirs et les goûts des personnes hébergées. Mais l’enjeu de procurer un «bien-être» toujours personnalisé induit des paradoxes dans l’organisation du travail et dans l’évaluation de la «globalité» de la personne : des injonctions organisationnelles contradictoires (assouplir les temps de soin pourtant prescrits dans des cadences resserrées, par exemple) mais aussi des conceptions normatives du «bien vieillir» qui peuvent s’opposer aux souhaits des personnes comme entrer en tension avec les enjeux professionnels de la prise en charge de la dépendance.

Firminy

  • Le travail social impossible : Pour une ethnographie de la relation d’aide
    L’invité : Francis VERNEDE
    16 Novembre 
    18h – 20h

    Il est des situations où l’intervention sociale semble impossible.
    La conférence mettra l’accent sur l’intraitabilité, caractéristique liée aux spécificités du public mais également à la temporalité de l’intervention, pleinement inscrite dans l’ici et maintenant. Les exemples exposés – fruit d’une enquête ethnographique dans un CHRS – ne participent pas d’une politique de réduction des risques à l’usage des substances mais d’une contenance des risques. Ils renvoient également au travail conduit dans le cadre de l’accompagnement des personnes en situation de handicap lourd, des personnes en fin de vie ou bien des adolescents dits difficiles. En somme, il s’agit d’une invitation à penser les interventions empêchées, une problématique transversale et permanente, constitutive des métiers du social.
  • La démocratie et l’écologie seraient-elles incompatibles ?
    L’invitée : Joëlle ZASK
    14 Décembre
     18h – 20h
    On le prétend souvent. Je m’attacherai pourtant à affirmer qu’au contraire, elles sont inséparables. La démocratie, qu’il s’agisse de ses formes culturelles ou institutionnelles, est destinée à répartir les ressources d’individuation, de développement de soi, de croissance individuelle, dans une société donnée. Elle est aux relations interhumaines ce qu’un écosystème, c’est-à-dire un milieu constitué d’interactions telles que chaque être puisse accomplir son cycle de vie, est à la nature.
  • Sociologie de la cause animale*
    L’invité : Jérôme MICHALON
    25 Janvier
     18h – 20h
    Tauromachie, chasse, élevages intensifs contre antispécisme et végétarisme : la cause animale a investi le débat public sous des formes multiples. Politiques, journalistes, éditorialistes, intellectuels et artistes ont désormais tous un avis sur la question.
    Mais que sait-on de celles et ceux qui militent pour cette cause ? Pourquoi et comment porter la parole des animaux ? Quelle est l’histoire du mouvement ? Comment influence-t-il déjà différentes sphères de nos sociétés ?
    Cette communication visera à présenter une synthèse des rares travaux produits par les sciences sociales qui permettent d’apporter des éclairages pertinents sur ces questions.
    * Cette conférence se déroulera également à Bourg-en-Bresse, le 19 Février 2024 et à La Ravoire, le 7 mars 2024
  • Entraide et solidarité en Seine Saint-Denis en temps de pandémie
    L’invité : Jean-François LAÉ
    22 février
     18h – 20h
    Qui a pu oublier ce 15 mars 2020 où tout fut soudain suspendu ? Jean-François Laé choisit de recomposer le puzzle de la catastrophe sociale à partir de différents sites et sources. L’aide associative prend le relais de l’action publique et devient la dépanneuse sur zone qui repère les vulnérabilités. Des cagnottes s’inventent, des ateliers de couture fabriquent des masques. De l’éducateur à la bibliothécaire, du livreur au magasinier, de l’épicier du coin au stagiaire d’un service civique, on donne du temps, du bras. Mais où était donc l’État Social actif à la française ?
  • De la multiplication des alertes à l’enchevêtrement des processus critiques – Le pragmatisme sociologique face à la criticité des sociétés contemporaines
    L’invité : Francis CHATEAURAYNAUD
    14 mars 
    18h – 20h
    En tirant les leçons des alertes et des controverses autour du climat, du nucléaire, des biotechnologies, des perturbateurs endocriniens, des pandémies et de bien d’autres dossiers, la conférence mettra en perspective les crises multiples traversées par les sociétés contemporaines.
    Comment rendre intelligibles les conséquences des épreuves et des conflits contemporaines sur la production de normes collectives, sur les logiques de décision et les stratégies développées par les acteurs les plus divers ? En permettant de circuler sur une pluralité d’échelles, la démarche inspirée par le pragmatisme sociologique, aide à saisir au plus près les sources de conflictualité, de défiance ou de pessimisme, qui nourrissent la sombritude de l’époque.
    Le pessimisme radical peut-il gagner aussi le cœur de la sociologie ?
    Et comment le surmonter ?

La Ravoire

  • Transformation et héritages de l’éducation populaire : Le cas de Saint-Étienne
    23 Octobre
    14h – 16h
    L’invitée : Manon PESLE 
    La recherche porte sur les transformations actuelles du monde associatif, à partir du regard et des paroles des bénévoles et des salariés engagés au quotidien. L’enquête éclaire les fonctionnements démocratiques, l’évolution du travail et les formes d’engagement au quotidien dans les associations d’éducation populaire, depuis les années 1990. Elle interroge les évolutions récentes de l’environnement économique, institutionnel et socio-culturel (transformation des financements associatifs, relations avec les pouvoirs publics, transformation de l’engagement, etc.) : conduisent-elles à des formes d’engagement et de gouvernance nouveaux au sein des associations d’éducation populaire ? Comment les acteurs de l’éducation populaire perçoivent-ils, vivent-ils ces évolutions ? Il s’agira d’éclairer la place grandissante de la gestion dans les associations, les liens aux pouvoirs publics mais aussi l’engagement et le militantisme.
  • Le non-recours aux services sociaux dans le cadre des expulsions locatives
    24 Janvier – Reporté à une date ultérieure
    L’invité : David GRAND
    Comment expliquer que des habitants en situation d’expulsion locative pour impayés de loyer ne recourent pas aux services sociaux alors qu’ils ont été interpellés par ces derniers ?
    Sur le terrain enquêté, ils sont précisément 50% à être dans ce cas de figure. De fait, on peut s’interroger : Le non-recours est-il lié à une incompréhension des habitants ? Une réserve vis-à-vis des services sociaux ? Ou encore une crainte d’un certain « contrôle social » ? Sur la base d’une enquête auprès des principaux intéressés, nous proposons de donner à voir et d’analyser les formes du non-recours, ceci pour questionner les publics, les pratiques des intervenants sociaux mais aussi leur institution.
  • Sociologie de la cause animale*
    L’invité : Jérôme MICHALON
    7 mars 17h – 19h
    Tauromachie, chasse, élevages intensifs contre antispécisme et végétarisme : la cause animale a investi le débat public sous des formes multiples. Politiques, journalistes, éditorialistes, intellectuels et artistes ont désormais tous un avis sur la question.
    Mais que sait-on de celles et ceux qui militent pour cette cause ? Pourquoi et comment porter la parole des animaux ? Quelle est l’histoire du mouvement ? Comment influence-t-il déjà différentes sphères de nos sociétés ?
    Cette communication visera à présenter une synthèse des rares travaux produits par les sciences sociales qui permettent d’apporter des éclairages pertinents sur ces questions.
    * Cette conférence se déroulera également à Bourg-en-Bresse, le 19 Février 2024.
  • Expériences du handicap et de la sexualité : entendre, comprendre pour penser et agir
    8 avril
    17h30 – 19h30
    L’invitée : Jennifer FOURNIER
    La liberté de vivre une sexualité est aujourd’hui une  préoccupation centrale tant pour les personnes en situation de handicap  que pour les accompagnants familiaux ou professionnels qui cheminent à  leur côté. Qu’en est-il lorsque la dépendance  et la vie en établissement s’en mêlent? Prenant largement appui sur la  parole de personnes concernées et la faisant résonner avec les discours  de professionnels de terrain et de responsables d’établissement,  la présentation se propose de faire écho aux expériences,  préoccupations et contraintes de celles et ceux qui vivent des  situations de handicap.

Lyon

  • Le travail social : toujours une affaire de femmes ? Focus sur l’encadrement
    13 Février
    18h – 20h

    L’invitée : Véronique BAYER
    Le travail social a toujours constitué un secteur d’emploi attractif pour les femmes, y compris, dès sa construction, dans des postes de direction. Pourtant tout au long du XXe siècle, elles se sont vues progressivement écartées des postes à responsabilités. Si aujourd’hui on constate une féminisation des fonctions d’encadrement, ce processus garantit-il pour autant l’égalité entre les femmes et les hommes dans ce monde professionnel ? Ces observations et ce questionnement sont à l’origine d’une enquête réalisée par Véronique Bayer. La sociologue retrace d’abord les processus d’entrée, d’exercice et de mobilité des femmes et hommes cadres et souligne l’actualité de la division sexuée au sein du travail social. Puis, au travers des récits des professionnels, elle mesure combien certains modes d’encadrement sont traversés par des normes de genre (gestion, care), pendant que d’autres (néomanagement, caring management) prétendent, eux, les dépasser. Avec l’intention de renouveler la critique du travail social dans une perspective féministe, cette étude interroge les fondations puis l’évolution du travail social en France au cours des dernières décennies.
  • Des dominants très dominés. Pourquoi les cadres acceptent leur servitude
    15 Mai
    18h – 20h
    L’invité : Gaëtan FLOCCO
    Pendant longtemps, les cadres ont incarné l’emblème de la société salariale française. Synonymes de réussite sociale, ils ont largement bénéficié de la prospérité d’après-guerre. Mais depuis les années 1990, le capitalisme néo-libéral a mis fin à cet état de grâce : pressions managériales, intensification du travail, restructurations, etc. Dans ce contexte défavorable, ils consentent malgré tout à leur propre domination, en dépit des sursauts critiques de certains d’entre eux. Sur quoi repose cette acceptation de leur servitude ? Certes, la contrainte salariale, celle de l’indispensable rémunération, et la hantise du chômage dissuadent de toute révolte. Néanmoins, ces motifs sont loin de suffire. Les cadres puisent dans leur travail nombre de satisfactions, irréductibles à l’appât du gain et à la peur du déclassement. En estimant d’abord travailler pour eux-mêmes, ces profits symboliques les rendent aveugles à leur asservissement. Plus encore, ils adhèrent à l’idéologie managériale jusqu’à idéaliser et enchanter cet univers du travail qui pourtant les domine.

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AIN
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01000 Bourg-en-Bresse
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LOIRE
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42700 Firminy
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firminy@enseis.fr

LYON
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69009 Lyon
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04.72.53.61.80
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